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Taux: Jusqu’où BAM ira-t-elle?

- Les interventions hebdomadaires ont permis de maintenir l’équilibre - Par contre, des risques liés à la crise de liquidités subsistent

Jamais les banques n’ont autant tendu la main. Leurs besoins sont estimés à 26 milliards de DH contre un minimum requis de 24,4 milliards. Depuis la reconfiguration du marché intervenue en 1993, il n’y a pas eu trace d’une crise de liquidités similaire. En outre, le Trésor, qui s’est montré particulièrement actif sur le marché de la dette au cours du premier semestre, n’a fait que conforter la tension sur les liquidités bancaires. La situation pourrait laisser craindre une envolée des taux, surtout celui du marché interbancaire qui fait désormais l’objet d’une attention particulière.

Comme nous l’annoncions dans ces colonnes, les taux des crédits sont désormais indexés sur celui du marché interbancaire et non plus sur celui des bons du Trésor. Cette désindexation est censée permettre au Trésor de s’endetter à long terme sans influencer cette fois-ci les taux des crédits. Jusque-là, il n’y a pas eu d’envolée spectaculaire du taux interbancaire puisque les injections permanentes de Bank Al-Maghrib ont permis de le maintenir proche de celui du taux directeur, soit une moyenne autour de 3,30%. Mais les risques d’une surchauffe des taux ne sont pas à exclure surtout que le Trésor aura besoin de plus d’argent, plus tôt que prévu. La période estivale coïncide avec une forte consommation des ménages. Cela devrait accentuer la circulation fiduciaire. Selon une source du marché, les besoins de financement des ménages tourneraient autour de 8 milliards de DH dont 3 milliards pour le mois de ramadan et la fête du mouton. La véritable incertitude porte donc sur les délais dans lesquels les banques peuvent récupérer les 26 milliards de DH ou revenir à des niveaux acceptables de déficit de trésorerie.

Les prévisions sont loin d’être optimistes. Ce qui pourrait pousser la Banque centrale à réviser à la baisse le coefficient de la réserve monétaire obligatoire, selon les analystes de CFG Group. Celui-ci est actuellement à 6% contre 16% il y a seulement 2 ans. Une baisse d’un point de pourcentage de la réserve obligatoire dégagerait donc un matelas supplémentaire de 4 milliards de DH à injecter sur le marché.

Cela devrait apaiser la tension sur les liquidités bancaires, mais également réduire le risque de volatilité du taux interbancaire. L’alimentation permanente du marché par le régulateur central avait déjà permis de ramener la volatilité des taux sur le marché interbancaire à 0,06% au terme du premier semestre contre 0,29% sur la même période en 2009. En outre, la manipulation du taux directeur (3,25%) devrait également donner une tendance de l’évolution du taux sur le marché interbancaire puisqu’il lui est fortement corrélé. Mais la modération des tensions inflationnistes écarte a priori une révision du taux directeur, à court terme.

L’Economiste

Indicateurs

Date de mise à jour 03/09/2010 13:03:19